mercredi 12 décembre 2012

Suite sujet pâte arachide: travail au champ

Comme prévu, je suis partie en charrette jusqu'au champ d'arachides:

Préparation du cheval par mon petit conducteur...un cheval bien maigre avec des traces de fouets sur le dos...Nous voici partis au travers des champs de baobabs, manguiers vers les terrains d'arachides. Ce n'est pas facile de trouver l'équilibre mais je prends vite la même position que sur les motos en Inde: je laisse aller le mouvement pour que le dos reste souple...ça va, je tiens!





J'arrive avec un paquet de bonbons à la menthe pour offrir aux travailleuses: c'est pour elle une façon de se rafraîchir tout en se faisant plaisir. Hélas je n'ai pris qu'un paquet et j'ai du coup plus de mal à me faire accepter par le groupe qui travaille dans le champ d'à côté. Mais en leur montrant mon travail imprimé autour de la fabrication de la pâte d'arachide et en leur expliquant qu'il me manquait des photos de leur travail, elles ont non seulement fini par accepter mais en plus elles m'ont baptisée au milieu des cacahuètes! Me voici donc au Sénégal: Woly Bop!

La saison de l'arrachage est terminé. En décembre on trie les arachides. Je suis surprise d'apprendre que les arachides poussent sous terre comme des tubercules, je les imaginais pendre comme des fruits...



 Les jeunes adolescentes qui gardent les bébés et remplacent leurs mères à la maison m'expliquent la culture de l'arachide.


 Les femmes trient les cacahuètes toujours avec ce geste de transvasement en partant du haut qui permet de séparer le foin des coques. Ce dernier sert ensuite à nourrir les animaux.






Bien vite, je prends part au travail, comme le jour d'avant pour aider les adolescents à nettoyer l'espace de construction de l'hôpital pédiatrique.
déblaiement hôpital pédiatrique en construction ( un jour avant)


 Une ou deux ampoules de plus ne me feront pas de mal!


 Les femmes en profitent pour continuer à m'enseigner quelques nouveaux mots sérères, je dois avouer qu'à l'heure où j'écris, ma mémoire me fait défaut. Heureusement, je note tout sur un petit calepin que je mets dans mon sac. Je relis, m'oblige à les réemployer et je les retiens doucement mais sûrement. Peut-être publierai-je le "petit lexique sérère à l'usage des petits toubabs" !

Les femmes qui allaitent prennent des pauses, font le thé pour les autres tout en donnant le sein. J'assiste à de magnifiques tableaux...



 Elles me présentent leurs enfants qui vont et viennent entre les tas d'arachides et les bassines. Très vite, je me fais un petit frère qui me court après et m'offre des cacahuètes en riant. Comme les autres petits, il a son grigris autour du coup donné par le marabout de famille.


Hum, les fameux bonbons BLEUS!



Je suis très surprise d'entendre Fatou que j'ai suivie pour la recette ( voir  avant dernier post), expliquer les bienfaits de l'arachide aux travailleuses. Elle n'a rien oublié de ce que je lui ai expliqué et là, elle le fait naturellement, sans même me regarder. Je souris car l'éducation à la nutrition semble bien amorcée!

Les arachides triées sont ensuite rangées dans de hauts et larges sacs.


 Mon petit conducteur me fait visiter la chambre du gardien du troupeau, m'explique le rôle du feu pour éloigner les hyènes et en profite pour faire un petit câlin au petit habitant du lieu:




 J'espère que celui-ci ne passera pas comme beaucoup à la cérémonie de l'égorgement public pour célébrer ceci ou cela, mais j'en doute fort... Pas de scène d'horreur pour mon baptême champêtre, j'en suis ravie...J'ai beau savoir qu'ici c'est culturel, ça ne passe pas...

C'est ensuite encore ce petit adolescent de treize ans qui met les sacs sur la charrette, les ligote bien fort pour ne pas qu'ils tombent et reprend les rênes. C'est ainsi que les arachides sont acheminées vers les maisons, les coques brisées le soir ou les après-midi entre amis ou en famille et laissées dans de larges bassines jusqu'à leur proche utilisation: pâte, nougatine, huile...

Nous sommes accompagnés de C. sa grande soeur

Nous repartons en faisons un détour par les sentiers bordés d'eucalyptus car j'ai promis à sa grande soeur C. de lui en montrer l'usage...
C'est un bel échange de savoir fait dans la bonne humeur...

Narines fourrées à l'eucalyptus!









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