J'ai sauté sur l'occasion et j'ai décidé de faire un petit reportage pour écrire un petit livre avec elle. Elle a tout de suite accepté. Aujourd'hui je finaliserai en allant dans son champ d'arachide.
| Observer et ne pas en perdre une miette |
Voici en image les différentes étapes d'un beurre d'arachide 100% local!
Fatou a pris du bois pour son feu.
Elle défait le petit fagot et tri les branches qui iront alimenter le début du feu.
Les branchages sont installés au centre de la cuisine, sous un toit de feuilles...
Le feu est allumé et Fatou dispose au dessus un plat dans lequel du sable argileux chauffe en dégageant beaucoup de fumée: je me demande comment elle peut en permanence absorber autant d'odeur de charbon sans tomber malade. Personnellement, je n'arrivais plus à respirer en étant à l'extérieur de la cuisine.
Pendant que le sable chauffe, Fatou trie une certaine quantité d'arachides: environ deux kilos.
Elle prend beaucoup de temps pour mélanger le sable avant d'y poser les cacahuètes.
Les arachides sont longtemps mélangées au sable avec un geste très répétitif. Toutes les arachides doivent être bien torréfiées.
Fatou sépare les arachides du sable avec un tamis.
Il va falloir ôter le maximum de l'enveloppe de l'arachide.
La première méthode est le battage dans un sac, contre un mur. Il faut une belle énergie: Fatou n'en manque pas!
Les arachides grillées sont reversées dans le plat. Effectivement, une bonne partie des peaux sont ôtées.
Je suis Fatou à l'extérieur de sa maison, sur une petite "plage" centrale. En transvasant de haut dans un autre plat les arachides, les pellicules s'envolent en dehors du plat: il fallait y penser!
Avec la main droite, nous nous mettons en cercle autour du plat et finissons de nettoyer les graines. Le mari de Fatou me dit que cela prend beaucoup de temps: je l'embauche, il s'y met avec le sourire. Moment de convivialité assez reposant sauf pour le dos et les genoux. Question d'habitude!
Un dernier moment sur le côté de la cuisine pour secouer les arachides et faire s'envoler le reste de poussière d'enveloppes.
Elle dispose les cacahuètes dans un petit récipient en plastique et appelle ses deux fils ( sur treize enfants!) et nous partons au travers du village vers le dernier lieu de transformation.
Meuleuses de céréales pour faire de la farine, broyeurs pour faire de la pâte d'oléagineux: le lieu est bruyant mais cela sent vraiment très bon!
Les arachides sont versées dans l'entonnoir en haut de la machine, brassées et broyées petit à petit. C'est le temps de la transformation en pâte.
La pâte est récupérée dans un récipient en dessous. L'envie d'y passer le doigt ne manque pas, surtout que j'ai très faim!
La pâte sort très chaude. On pose un petit couvercle dessus pour le transport.
Je repars toute fière avec mon petit pot que je vais finir de faire refroidir en attendant le petit déjeuner du matin.
Inutile d'en mettre beaucoup, la satiété arrive très vite. Pour les enfants on pourrait très bien saupoudrer d'un peu de sucre et de chocolat en poudre et mélanger le tout. Cela remplacerait la mauvaise pâte à tartiner chocolatée qu'on leur sert tous les matins sur un bon morceau de pain.
Peut-être cela conduirait-il aussi à limiter la quantité astronomique de sucre raffiné versé dans leur lait en poudre...
Merci Coralie pour ce petit moment culturel fort intéressant. tes photos et vidéos toujours bien commentées.
RépondreSupprimerGros bisous .Maman