Le projet nutrition est en marche.
Ces deux femmes sont les référentes du projet " un goûter à l'école". M. traduisait en sérère la synthèse que j'avais préparée en trois axes:
- Reprendre les grands principes d'une nutrition équilibrée avec des exemples pris dans les produits trouvés localement. Lister des exemples de plats consommés quotidiennement et analyser le contenu.
- Comprendre les formes de malnutrition rencontrées localement
- Trouver des moyens locaux d'y remédier grâce à la mise en place de goûters pris dans le cadre scolaire et par une formation des personnes qui peuvent suivre le projet et l'étendre aux familles.
J'ai vraiment tenté d'expliquer le plus simplement possible le terme de nutrition, les différences entre les différents nutriments, le rôle de chacun, et les conséquences d'une consommation insuffisante ou appauvrie sur l'état nutritionnel et la santé surtout chez les enfants.
J'ai dû repartir de l'allaitement en expliquant comment dès le sevrage l'enfant accumulait les carences. Le sevrage est souvent sans transition ici et l'enfant passe d'une alimentation au sein, à des bouillies de mil insuffisantes puis à des moments de picorage dans le plat familial. Les conséquences sont une rupture de la courbe de poids et de croissance et souvent des diarrhées chroniques à fortes incidences sur l'état général. De plus en plus on voit des enfants qui ont dans leur main en très bas âge un mini paquet de chips déjà plein de cochonneries.
Je me suis aperçue que les femmes cuisinaient sans connaître l'apport nutritionnel des aliments, les complémentarité céréales légumineuses, le problème du raffinage de l'huile de palme, l'absence de crudités, fruits...
J'ai bien listé les principales formes de malnutrition: carence protéino-énergétique, carence en vitamine A, carence en fer avec les causes et les conséquences.
J'ai transmis une liste des aliments pouvant combler ces carences en expliquant comment construire avec ces aliments un repas équilibré permettant l'assimilation des nutriments. J'ai bien fait attention au prix des denrées et nous avons pu ainsi projeter le contenu des deux goûters qui seront proposés à l'école dès le 17 décembre les lundi et jeudi. Ces goûters seront par ailleurs individualisés, pas de plat commun. Ainsi un contrôle pourra être fait de la prise alimentaire. Chaque goûter apportera une part de mil avec le plus souvent du mais jaune pour le bétacarotène, de la pâte d'arachide pour les bonnes protéines et les bonnes graisses ou un peu d'huile de palme non raffinée, du lait caillé et une fois par semaine du pain de singe, le fruit du baobab y sera rajouté. Le plat de base que nous supplémenterons avec la pâte d'arachide ou l'huile de palme non raffinée se nomme le Ngalakl. Le pain de singe est très riche en vitamine B1 qui permet l'assimilation des glucides raffinés, de la vitamine C en grande quantité et d'autres nutriments protecteurs d'une grande richesse nutritive. C'est un fruit qui peut être bien stocké, et ne coûte pas cher.
J'ai réussi à faire rajouter un verre d'eau car les enfants ne boivent pas de la matinée. Nous aurons aussi la possibilité de rajouter un jus frais de bissap très riche aussi en béta carotène ou de pastèque.
J'ai soulevé également la possibilité à terme de se procurer de la spiruline qui est dans les pays en voie de développement une des solutions pour combler les carences des enfants. J'ai donc apporté des exemples d'actions menées au Burkina, au Tchad. Le président de l'association est très intéressé et nous allons peut-être aller visiter une production du Sénégal.
Dernier point qui a été beaucoup développé, la question de l'hygiène, puisque les enfants sont toujours souillés par leurs excréments, leur nez qui coule, leurs mains sales. De l'eau va donc être acheminée à l'école, un coin lavage de main et toilettes sera mis progressivement en place.
Dans les causes des carences, les infections chroniques ont été abordées avec l'augmentation des pertes et en parallèle des besoins majorés par les carences d'apport ou de non respect des combinaisons alimentaires pour les protéines d'origine végétales et pour l'assimilation des vitamines liposolubles.
Le dernier point sur lequel j'ai insisté c'est le rapport en malnutrition et échec scolaire avec les difficultés de concentration et d'apprentissage que cela engendre.
Ceci est déterminant pour la mise en place du projet.
Nous avons demandé un devis pour tenter de calculer sur un an le prix d'une telle mise en oeuvre. D. apporte une base de financement grâce à son entreprise que je remercie. ( Oxyvie)
Je vais travailler à l'élaboration d'une affiche avec les 7 groupes d'aliments mais adaptés aux produits locaux sous forme de photos et de légendes afin que les femmes puissent en disposer librement lors de la confection des repas et de leur choix de denrées au marché.
Nous irons avec D. et le président acheter les produits de base dès cette semaine.
J'espère de tout cœur voir une belle mise en œuvre progressive de ce temps de nutrition à l'école pour ces enfants.
Une petite production à dimension locale de spiruline pourrait être envisagée en parallèle à la mise en place du potager dans lequel les cultures seront choisies en s'appuyant sur la liste fournie pour une bonne nutrition. Un respect des sols, une volonté de ne pas abuser de produits chimiques seront garants de la qualité des produits apportés aux repas.
Un lien très intéressant:
http://www.technap-spiruline.org/
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