dimanche 30 décembre 2012

Allez, comme c'est l'heure où je m'ennuie en attendant que la chaleur baisse et que le vent se calme, je me lance dans la recette du yassa au poulet...

Donc lorsque je suis partie manger à Rôh chez mes amis, le matin ils avaient gentiment coupé le cou à une poule pour le coup...On m'a invitée à aller à la cuisine pour aider mais quand j'ai vu la volaille morte tenue par les pattes avec toutes ses plumes, j'ai dit que je préférais largement m'occuper des oignons sous l'arbre à palabres où Del apprenait à faire le thé!




Ensuite, je suis retournée à la cuisine, pour aider à piler le poivre, l'ail, les oignons dont une partie sert à faire la marinade du poulet.




Ensuite on pile à nouveau un mélange avec un peu d'oignon, des cubes d'épices ( ils en sont fous ici dommage car ce n'est pas vraiment naturel), des piments secs, du poivre, et cette base est mélangée au reste d'oignons coupés en lamelle et qui serviront d'ornement du plat.




Pendant ce temps-là, entre les poussins qui s'arrachent la patte de leur tante morte et leur maman attachée dans un coin sombre de la cuisine ( voir post précédent...), l'huile en assez grande quantité mijote.


Le poulet est mis à frire avec les poussins ( non je déconne ! ^^) ...



puis les oignons sont rajoutés, un peu d'eau versée de temps en temps, et le tout, mélangé ponctuellement pour ne pas que ça accroche.


Dans la casserole d'à côté, du riz blanc a été préparé en grande quantité...

Quand le poulet, les oignons et les épices sont cuits, elle rajoute un sachet de moutarde de la taille d'une petite poignée adulte.



 
Vous pouvez observer dans le coin le lieu de ponte des poulettes!
Puis un sachet de vinaigre blanc est versé à la fin.



Ensuite, le riz est disposé dans les plats.


On prépare plusieurs plats pour la famille...


Et voilà, le super yassa au poulet!


On est allées apporter le plat dans le champ sous l'arbre à palabres et nous avons mangé en famille ce qui nous a changé de la scission de l'association: les toubabs d'un côté, les locaux de l'autre...
J'imagine que l'on ne mange pas tout à fait à la même sauce: c'est vrai que nous on a le droit d'avoir des cuillères, peut-être moins d'épices ( dommage pour moi), mais là on avait aussi des cuillères, notre amie nous épluchait le poulet avec ses doigts et nous envoyait des bouts pour qu'on en ait, et nous rajoutait des oignons au fur et à mesure...C'était très bon ( même si toujours trop gras pour moi) et surtout vraiment convivial.

Ce fut vraiment une belle journée, simple, amusante, de vrai partage comme j'en ai rarement ici depuis le début.

A la fin, on m'a offert une poche de bissap pour faire mes tisanes ainsi que des cacahuètes que mon ami le coq a essayé de me piquer!

Madame la chèvre quant à elle est restée près de nous, fidèle, espiègle, et libre...

vendredi 28 décembre 2012

Allez, un petit tête à tête dans la savane avec un mamba noir, mais pourquoi ai-je eu peur? Rien de bien méchant, je suis passée à côté du gonfleur de joue qui te sidère en moins deux...Il a suffit d'un petit bruit étrange entre les épis de mil pour voir ce gentil cobra me faire coucou...
J'ai marché vite jusque chez mon ami Moustapha Gaye qui du coup a voulu me montrer la peau de serpent qu'il a conservée soigneusement  enroulée en saumure. Au moment où il soulève le tissu, un autre serpent, bien vivant encore saute devant nous! J'ai hurlé et fait un bond en tapant des pieds avec un énorme rire nerveux et lui aussi a bien eu peur ! C'est là qu'il m'a montré à l'endroit même où nous avons mangé avant hier sous l'arbre à palabres,la petite vidéo de l'énorme boa qui était là il y a dix jours à peine! Et moi qui me croyais peinarde dans la savane et sur ma plage dépeuplée à Rôh où seules les chèvres éternuent et les ânes décompensent leur crise d'asthme. Je me suis trompée en croyant ceux qui disaient qu'en cette saison à part quelques chacals la nuit il n'y avait rien de bien dangereux... Je suis rentrée très vite, bien plus incertaine que les autres jours dans cette lande sénégalaise...mais bon, elle est si agréable que cela serait dommage de se gâcher le plaisir de belles balades pour quelques animaux locaux...



Bon, les choses étant passées, je vous présente un petit clin d'oeil: après la série Cacahuète qui marche très bien ici et recherche un éditeur sérieux :


...je vous présente la série beauté cracra que j'adore ! 



Celle-là je vais me l'encadrer!







Etape patiente chez le tailleur Gora.

Comme je l'avais écrit plus bas, je m'étais acheté du tissu pour me confectionner un habit. J'étais allée chez le tailleur avec dessins à l'appui et mensurations.



Evidemment, quand je suis arrivée, le travail n'était pas terminé et celui qui était fait était plein de défauts. Quant au haut, impossible de le fermer. J'ai évidemment râlé en lui disant qu'il n'avait pas fait un bon travail et qu'il était hors de question que je lui paye ce travail et qu'il allait falloir trouver une solution pour qu'il n'ait pas en plus à me rembourser le tissu et la première partie de la somme donnée. Je suis donc restée deux heures à lui faire reprendre pas à pas son travail. Heureusement pour lui, il avait laissé du "mou" pour le haut à l'intérieur et il a pu donc réajuster mais il a fallu plusieurs temps pour que je dise "ok" tout en négociant au milieu un rabais de 3000 cfa vu qu'il avait gâché du tissu, donné un coup de ciseau au milieu de la jupe et pas respecté le modèle exactement. Mais c'est un homme adorable, et il s'attachait aux reprises avec patience sans s'énerver. Entre temps, j'ai sympathisé avec  un homme avec troubles mentaux qui squattait un tabouret. Je suis allée au magasin d'alimentation en face pour leur offrir du café sucré pendant le temps de retouche...

Finalement je me suis reposée à attendre, observer...



...mais aussi à discuter, à dessiner pour Gora des modèles: ça l'amusait beaucoup et il posait soigneusement les dessins à côté de sa machine tout en finissant ma jupe.


Au final, je n'ai pas exactement obtenu ce que je désirais mais je suis quand même satisfaite du résultat obtenu même si ma jupe a un petit air de patchwork d'un côté et que ce qui devait être un cache-coeur avec lien sur le côté, devient un haut à bouton et languette avec attache à l'arrière! On a fait un beau travail de groupe. Pour tout de même le remercier d'avoir tenté jusqu'au bout de me satisfaire- chose trèèèèès difficile-, je vais lui donner des petits carnets pour ses dessins et ses mensurations. Des amis à lui sont venus le rejoindre et ils ont aimé mes petits croquis. Je lui ai fait une proposition: "tu affiches mes dessins, et si un modèle plaît et est commandé, tu prends 70% de la fabrication et moi 30% pour la création!" On a bien ri!

Voici le résultat, désolée pour les photos, je me prends moi-même dans ma chambre avec peu de lumière et donc aucun recul!

Ok, j'ai un fil sous le bras...merci la photo! Enlevé! lol!


Beaucoup de petites filles passaient par là pour récupérer des chutes à mettre dans les cheveux mais surtout pour fabriquer ces petites poupées que j'aime tant! J'ai donc récupéré mes restes de tissu pour donner à faire une poupée aux enfants. S'ils y arrivent je leur achèterai ou leur offrirai un cadeau en échange!






Ce matin pendant que je triais les affaires pour l'école et les familles, la petite fille blessée est passée avec ses soeurs me chercher afin de changer le pansement. Elles étaient tout sourire et cela m'a vraiment touchée.

Je me suis rendue à leur maison accompagnée de Fatou B. que j'ai croisée. C'est ma fabricante de nougatine maison! Lorsque je suis arrivée avec mon petit sac de paille rempli de mes préparations, j'ai été accueillie très chaleureusement.

Cette fois le grand frère était présent pour traduire ce que je disais à la maman. J'ai été étonnée de voir que la partie infectée s'était très atténuée en dépit du sable qui avait réussi quand même à entrer dans la chaussette et à passer au travers de la bande. J'ai laissé la toilette du pied à faire à la maman pour qu'elle participe à l'hygiène et au soin. L'eau était plus propre que la dernière fois et le lavage assez long, elle faisait attention à bien retirer le sable sur la plaie.

J'en ai profité pour faire nettoyer l'autre jambe puis à nouveau, j'ai versé une solution de chlorure de magnésium dessus à laquelle j'avais ajouté en plus un peu de gouttes aux essences.





 Je lui ai fait boire un peu de cette préparation à laquelle j'avais ajouter un peu de bissap pour adoucir le goût. Encore une fois la petite n'a pas bronché. Une vraie Warrior! Juste un petit sourire qui m'a vraiment encouragée à continuer le mieux possible ces soins.

J'ai fait attention aux petits boutons sur la peau, ils n'avaient pas progressé mais j'ai préféré aussi les prendre en photo pour voir l'évolution et éventuellement permettre à un dermatologue de brousse que je vais aller voir de poser un diagnostic car mon rôle de naturopathe ne me le permet pas et je ne voudrais pas passer à côté d'une urgence.



J'ai laissé poser les compresses de chlorure sur les plaies le temps de prendre ces photos, et d'expliquer au grand frère et à la mère que la petite devra boire une petite quantité de la préparation 4 fois par jour pendant ces deux jours où je vais laisser encore une fois le pansement.

J'ai à nouveau ensuite collé une compresse stérile imbibée d'huile de neem avec deux gouttes de lavande aspic. J'ai fait le bandage plus haut et j'ai un peu plus serré la chaussette pour éviter qu'autant de sable n'entre sur la plaie.



Cet après-midi j'irai à l'hôpital montrer les photos et discuter avec le médecin. Ici on accepte les tradi-praticiens, donc je n'hésite pas à tenter une liaison. Vivement que l'hôpital pédiatrique se construise!

J'ai donné un petit jouet, la vache qui fait "meuh" pour le bébé! Les femmes et les petites filles étaient enchantées. J'ai remercié le grand-frère pour la traduction et il m'a dit que maintenant je faisais parti de la famille...

Je suis repartie le cœur plein de tendresse pour cette petite fille qui finalement devient ...ma petite sœur ici.

J'édite ce post deux jours après car les choses évoluent très vite et positivement: la blessure sèche, le risque d'infection semble s'éloigner.
Je suis vraiment bien accueillie à chaque fois et là je n'ai pu refuser un cadeau de remerciement: un très beau tissu donné pour me faire un habit. J'ai été très touchée, sensible à ce geste...

Je ne sais encore si je vais l'utiliser...j'ai envie de le conserver tel quel pour l'instant...

jeudi 27 décembre 2012

 Entrelacs et ici...


Depuis deux jours c'est beaucoup d'énergie donnée et perdue...mais au final, j'apprends à rebondir toujours et toujours pour me laisser la possibilité de continuer mes projets en dépit des moments difficiles.

Je ferai un post sur la recette du yassa au poulet que j'ai suivie étape par étape chez mes amis de Rôh qui m'ont invitée pour le 25 décembre. Une bien belle journée en leur compagnie qui m'a permis de sentir combien l'accueil comptait énormément pour moi...



Vous retrouvez ici mon ami maraîcher passionné des plantes médicinales et sa femme, et sur la droite le "charlatan" venu jouer aux dominos que je leur ai apportés, et nous lancer les coquillages de la destinée! J'aurai beaucoup de chance seulement il paraît que je fais des rêves diaboliques!


Le lendemain a été plus difficile: beaucoup d'agitation à l'association sans trop savoir pourquoi, une chaleur qui empêchait de bouger, pas d'eau et quelque peu d'ennui à partager.

Je suis allée à la poste pour voir si le courrier d'une enseignante amie était arrivé. Un véritable périple pour trouver la poste mais finalement j'ai trouvé avec l'aide de D.  Mon courrier n'était pas là encore mais j'ai pu acheter trois timbres que j'ai trouvés assez chers. Le postier ne voulait pas me rendre tout l'argent sous prétexte qu'il n'en avait pas assez, mais j'ai été ferme et j'ai récupéré mes sous .A l'heure où j'écris, en étant repassée j'ai pu récupérer l'enveloppe en bon état et ça me fait vraiment plaisir de pouvoir amener ces dessins et photos de France à l'école le jour de la rentrée...rentrée où je vais devoir me ressaisir du chaudron magique pour le goûter...

L'après-midi, j'ai voulu faire de la nougatine avec Fatou B. En m'amenant chez elle pour acheter des cacahuètes, elle m'a laissée le temps de se les procurer avec son immense famille agrandie avec les voisins, occupée à casser les coques des arachides sur de petits tabourets avec un petit manchon. On m'a invitée à m'asseoir. A un moment, une femme m'a appelée. Elle était en train de repasser avec un fer à charbon. Près du tas de vêtements, son bébé de 5 mois était couché, le nez très encombré et il n'avait pas l'air très content. J'ai commencé à m'en occuper jusqu'à ce qu'une petite fille vienne l'embrasser. C'était la soeur. La maman m'a montré son pied. J'ai frissonné: une plaie énorme, profonde, remplie de sable prenait la moitié interne de son pied. J'ai cru que c'était une brûlure d'abord car il y avait une grosse cloque ...J'ai dit qu'il ne fallait pas laisser cela comme ça, qu'il fallait absolument nettoyer car c'était très infecté. Je suis partie à l'association et j'ai ramené une dilution de chlorure de magnésium, de compresses stériles, spradrap, bande, huile de neem et huile essentielle d'aspic. J'ai rajouté une solution pour me nettoyer les mains.
J'ai fait laver le pied avec du savon de Marseille et j'ai posé la compresse sur la plaie propre. J'ai versé du chlorure de magnésium. La petite de ne sentait rien étrangement. J'essayais de faire doucement mais je pense que cela aurait dû faire mal. Ils ont ici une autre résistance à la douleur que nous mais quand même. En nettoyant, je me suis rendue compte que sa jambe était couverte d'autres petites plaies infectées, boutons un peu blancs...J'en ai profité pour tamponner le tout. J'ai versé de l'huile de neem sur un pansement stérile sur lequel j'ai versé deux gouttes d'huile essentielle de lavande aspic. C'est peu mais je ne voulais pas courir de risque. J'ai enveloppé le tout d'une bande et fait enfiler une chaussette. J'ai recommandé de laver les jambes -mais pas le pied- le matin et le soir et d'éviter de souiller le pied où il y avait la chaussette. Port impératif de tongue aussi. J'avais tous les enfants, les femmes en rond autour de moi, pas facile comme situation! J'ai vu que les bras de la petite avaient des boutons, son front aussi. J'ai voulu comprendre comment la plaie s'était faite mais personne ne répondait. J'ai demandé si elle avait posé son pied contre le fer, là on m'a rit au nez. On m'a dit " comme ça...." J'ai demandé depuis quand elle avait ces boutons sur le corps: on m'a répondu depuis quelques jours. J'ai suspecté une infection, mais j'ai aussi pensé peut-être à tord à la lèpre en raison de ce qui finalement m'est apparu comme un ulcère important, des autres plaies et surtout de l'insensibilité.

J'ai préféré dire que je laissais deux jours le pansement pour éviter de laisser trop entrer les bactéries mais qu'au moindre problème, on me fasse appeler.
J'ai tout de suite pensé à l'amener à l'hôpital pour un diagnostic plus clair mais je ne voulais pas prendre la décision seule. Depuis aujourd'hui, je sais que je vais l'amener et que j'ai les financements pour payer la consultation et les soins de suivi si besoin.

Je suis revenue très fatiguée à la maison, la situation n'est pas habituelle...mais en arrivant à la maison, une horreur! Le président de l'association sortait un mouton attaché par les pattes de sa voiture. Le mouton hurlait, sa tête tapait contre le sol. J'étais horrifiée...On l'a attaché à l'arrière cuisine pour le sacrifier en l'honneur de "blancs" sur lesquels on compte pour apporter de l'aide à l'association. Franchement ça m'a démontée. Je suis rentrée pleurer, haïssant ces hommes qui tuent d'une manière atroce ces animaux...Tant pis pour la culture, là je ne tolère pas, point. Je me suis renfermée en colère et dégoûtée dans ma chambre...Je n'avais qu'une envie, aller le libérer la nuit...mais évidemment je ne l'ai pas fait tout simplement parce que je ne voulais pas me faire sauter dessus mais aussi parce qu'ils en auraient pris un autre...mais j'étais bien décidé à bouder le plat jusqu'au bout!
Ce matin, en me levant pour le café, j'ouvre ma porte et je me retrouve avec la bête écorchée devant les yeux et l'un des hommes les mains pleines de sang! Je suis rentrée illico avec une envie terrible de me barrer...pas d'autres mots!

J'ai tourné en rond toute la matinée. Ils ont commencé à faire la fête à l'association pour accueillir le petit monde: de belles chaises, le ménage bien fait, les tam tam, quelques danses...jamais on avait eu ça pour nous. Bref, j'ai décidé de prendre sur moi pour accepter ce protocole qui finalement donne ses fruits...

J'ai été touchée par le regard extérieur sur mon travail...Je doute toujours puisque j'ai l'impression de tout porter souvent seule et à bous de bras...S'impliquer c'est prendre des risques et ici on a vite fait de voir son investissement dévié ou tomber à l'eau. Il faut être assez ferme mais en même temps, la critique ne suffit pas, il faut se bouger et trouver des solutions, au moins suggérer des propositions. La venue de ces personnes de France ont permis une réunion beaucoup plus structurée et ferme que d'habitude et ça fait du bien.

Je continue donc mon projet bibliothèque, le projet nutrition se confirme car les bases posées sont saines et bonnes, financièrement tenables. De nouvelles aides financières y sont attribuées car on rend le goûter prioritaire. Nous avons donc pour un trimestre de fonctionnement, chaque goûter coûtera au maximum 20000 CFA. Nous allons pouvoir stocker les denrées non périssables dans une pièce qui fermera à clé et donc acheter en avance, le mil, le lait en poudre - peut-être un jour aurons-nous du vrai lait...- ( pour le caillé), le pain de singe, le sel, les arômes, le sucre, l'huile de palme.
Le matériel va être complété petit à petit pour que chaque classe ait le bon nombre de cuillères, d'assiettes, de verre. Le lavage des mains sera mis en place avec des bassines pour chaque classe. Les restes seront mis dans des seaux et redistribués aux enfants qui ne vont pas à l'école. la vaisselle sale dans une bassine et comme nous aurons suffisamment de matériel nous ne serons pas obligés de presser les enfants pour manger, ni épuisés à faire la vaisselle entre les services.
Il faudra que tous les bénévoles sur place aident au service. Je montrerai bien la quantité à verser dans les assiettes pour qu'après les bénévoles suivants et les femmes nutritionnistes sachent continuer à le faire et ne donnent pas plus que ce qui est prévu.

Ensuite, un gros lot de vêtements pour enfants de 3 à 5 ans a été donné. Nous allons en faire des petits paquets et aller directement dans les familles des enfants scolarisés défavorisées pour leur donner. Il en sera de même pour quelques jeux.

Nous avons parlé beaucoup de la gestion de la cagnotte des bénévoles et stagiaires sur place. Elle servira à payer des petites réparations sur place, aider à acheter un peu de matériel pour les projets en fonction des besoins, parfois participer à la vidange des fosses si l'argent n'a pas été utilisé et qu'il reste en quantité suffisante. En aucun cas cela sera pour financer des boissons, ou des dégâts causés par les stagiaires et bénévoles. Il faut que chacun se responsabilise, qu'il y ait des discussions quant aux besoins, aux achats à faire.
Par ailleurs chacun doit mettre du sien pour un peu de nettoyage, participer à tour de rôle à la vaisselle, sans que cela soit toujours les mêmes qui le fassent ou demandent qui doit le faire. Il faut respecter l'espace de chacun et de tous, et quand ça tourne beaucoup avec des intentions différentes ce n'est pas simple: un stagiaire  n'arrive pas avec les mêmes attentes et intérêts qu'un bénévole ou qu'un vacancier de deux semaines qui vient faire coucou...Maintenant tout est question de maturité, de bon sens et les cancans il faut les laisser à la "basse-cour". Vivre en communauté ce n'est pas vivre tous "pareils"...d'ailleurs je vois plein de locaux aussi s'isoler, fuir le bruit et petit à petit d'ailleurs ils m'appellent dans leurs coins pour partager ces moments paisibles...j'aime.
Il faut une certaine discipline pour trouver des solutions qui permettent à chacun de se sentir bien et cesser de penser que le groupe est plus "fort" que la personne plus discrète...Bon tout ça, semble un peu basique à écrire mais dans les faits, la vie devient vraiment très vite impossible en communauté s'il n'y a pas un minimum d'effort et de liaison. Plus on compose à plusieurs, plus on se sent libre d'agir et d'être soi-même sans tension intérieure et extérieure.

Voilà, la journée a été donc fatigante mais j'ai été contente de pouvoir manger plus de légumes que d'habitude même si j'ai boudé la pauvre bête!  Je suis allée en fin d'après-midi me détendre en allant courir dans la savane encore près de mes eucalyptus, poursuivie par des agneaux, des petites charrettes tirées par des ânes et heureuse de voir de beaux oiseaux bleus venir se poser sur les arbustes...J'ai vu aussi un tout petit oiseau rouge vif posé près de petits canetons. je n'avais pas d'appareil photo mais mes yeux se sont régalés.

Voilà, pour ce soir, je m'arrête là, car je suis très fatiguée...

mardi 25 décembre 2012

Petit moment de frissons... si vous voulez manger du poulet et passer des étapes, ce n'est pas ici qu'il faut aller!



Vous n'avez pas vu ma maman?


Bon,  après je vous donnerai la recette du yassa au poulet en images ! La maman des poussins n'est pas dans la casserole, elle est attachée par une patte dans la cuisine ( cf video)...

lundi 24 décembre 2012

Joies d'enfants en mouvements:


Communiquer sans articuler: la langue de la charrette!


Quand la lecture et les livres continuent à circuler pour des passe-temps plus calmes:

Les grands enfants aussi!


Un peu de main à la pâte pour préparer le repas du midi: mon plat préféré même si trop gras: poisson,riz, légumes avec plein d'oignons pilés avec quelques tomates cerises et des épices...
La recette semble s'appeler Yassa poisson mais ici ils donnent un autre nom que je ne parviens pas à retranscrire...







Ce matin, après être allée au marché où j'ai pris deux pastèques à des gamins, j'ai acheté du tissu que j'avais vu les premiers jours chez une marchande. J'étais accompagnée et donc pas moyen de négocier et je ne connaissais pas les prix.
Là, j'avais les références du marché couvert de M'Bour où je suis allée hier avec un groupe de stagiaires  de l'association, encadrées par Omar, le chauffeur qui ne nous a pas lâchées d'une semelle. Je n'ai pas voulu acheter là-bas car je préfère acheter aux petits commerçants locaux ici et en plus j'avais dans la tête ce tissu que je n'avais pu acheter au début. A M'bour, j'ai pu assister au coucher de soleil sur le formidable port-marché de cette ville grouillante.



Une fois le tissu acheté au prixde M'bour en expliquant que je préférais soutenir le commerce ici, j'ai dessiné la jupe et le haut que je voulais et j'ai pris toutes les dimensions avec mon mètre ruban que je prends toujours en voyage. Je suis allée chez le tailleur sur la petite place que nous traversons le matin pour aller à l'école et je lui ai expliqué exactement ce que je voulais avec dessins à l'appui ce qui a permis de dépasser la barrière de la langue. A priori il a compris. Je lui ai fait une avance et j'irai récupérer mes affaires vendredi. J'espère qu'il sera un peu meilleur que la femme que j'étais allée voir la première fois qui m'avait taillé du 42 au lieu du 36... ça ne me change pas de l'Inde.

Quoi qu'il en soit, je vois encore une fois que seule je me débrouille mieux qu'avec les autres qui ont tendance à ramener leur grain de sel quand il ne faut pas.

De retour, je me suis régalée en observant les jeux d'enfants spontanés.

Ils fabriquent des petites marionnettes avec des bouts de bois et de tissus, organisent des danses, des jeux de rondes, grimpent partout et se débrouillent mille fois mieux qu'en classe car ils sont LIBRES et qu'on ne leur tape pas dessus. Ils sont juste heureux...pas la peine de les brider...

Bon d'accord, à un moment ça devient un peu bruyant mais bon...c'est les vacances aussi!


Avec Diallo la nounou-Marabout





dimanche 23 décembre 2012

Je m'octroie un peu de temps libre pour confectionner quelques cartes en m'inspirant du livre d'Edouard Manceau Merci le vent  et pour créer comme je l'avais promis un livre autour de la confection de la pâte d'arachide. Si certains paramètres étaient présents, je me lancerais dans la collection que j'ai créée : "Cacahuètes en série" !





Un peu d'humour, un peu d'amour, cet après-midi je vais visiter M'Bour...

Hier soir, c'était soirée puzzle avec les petites de l'association, et franchement, plus le temps passe, plus elles savent où aller pour se poser et découvrir d'autres activités plus calmes...
A chaque fois que le puzzle était terminé, elles partaient en courant avec pour aller le montrer aux pères cachés sous le rideau de leur case... ça m'a redonné le sourire, car mieux vaut partager un temps intéressant juste avec trois quatre enfants que ne rien faire, planqué sous sa moustiquaire...

La lecture devient aussi une belle aventure pour ma kirikouette à couettes!